Tu m’extirpes, je déambule, au milieu de la foule, je ne dis rien, j’écoute, tu me dictes une voie, je la suis naïvement, j’aime ça, de toute évidence.
Tu me contrôles, tu me mobilises en m’immobilisant par un processus rondement mené, que je perçois, parfois plus, tu me traverses puis tu disparais.

Je me montre trop hostile, tu viens m’endormir à coup d’anxiolytiques prescrit à la pelle, pour la moindre de mes crevasses, plus ou moins saillante, épaisse parfois visqueuse.
Mes crevasses, elles sont là, elles se convoitent, laquelle sera la plus âpre, la plus aigre, la plus acide.
Cessez de vous dominer !
Tu mets fin à ce combat déloyal, enfin tu viens stimuler mes synapses, tu les frottes, les grattent avec tes ongles aiguisés, ça paraît doux, c’est savoureux. Continue. Tu t’arrêtes, je dépéris. Mon psychisme est inconscient,
Mon psychisme est animal,
Mon psychisme est morbide.
Je me sens molle et malléable, tu peux faire ce que tu veux de moi, tape-moi dans le dos, je te rejoindrais, je rejoindrais la troupe, devant moi, elle déambule, comme moi.
Étire-moi, 2 mètres, 4 mètres, c’est encore trop peu, tu peux y aller encore plus, expérimente mon élasticité.

Tire-moi les yeux des orbites, démembre-moi, écarte-moi, ne me laisse plus aucune chance, laisse-moi explorer la lisière, les rebords, les bordures de la mort.

Ce n’est pas si affreux, tu devrais l’affronter, la regarder simplement, ce n’est pas forcément un affront que de s’y confronter.
Tu devras, un jour, et personne ne sera là pour te sauver, même pas Dieu, puisqu’il n’est plus là, il n’a jamais été là et ne sera jamais là. Cesse de te méprendre.

Devant moi, un trou béant, une fissure grotesque apparaît, noir, nervuré de noir, je ne discerne rien, il n’y a rien à discerner, c’est fade, on s’emmerde.
Bien heureux, tu excites encore mes synapses, elle disparaît, cette fissure grotesque, grotesque fissure.
Je reviens, c’est la quinzième dimension, où il n’y a plus de dimensions, il n’y a jamais eu de dimensions, rien que ma propre dimension.

Lola Giganon.